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Doc'Up et la science... de la médiation

Personnages en pâte à modeler
© Aline Coulon-Le Moignic et Anthony Coulon / Doc'Up
C'est quoi la médiation scientifique ? Rencontre avec Aurélien Bour, Clémence Simonnet et Caroline Peron Cane, tous trois doctorants et membres de Doc'Up, l'association des doctorants de Sorbonne Universités.

C'est quoi, Doc'Up ?

 

Aurelien Bour

Aurélien : Doc'Up, c'est l'association des doctorants de Sorbonne Universités. J'insiste sur doctorants puisqu'on est déjà, au quotidien, dans le cadre du travail. C'est une démarche différente. L'association s'attache à créer un réseau professionnel, tout en mettant en place des actions de médiation, parce que la médiation fait maintenant partie de la mission des chercheurs.

 

NDR : Doc'Up réunit 800 membres, répartis entre l'UPMC, Paris-Sorbonne, le Muséum national d'Histoire naturelle, l'UTC et l'Insead.

 

Parlons de votre festival de très courts métrages...

 

Aurelien Bour

Aurélien : Concrètement, il s'agit de confier la réalisation de courts métrages de médiation scientifique à des doctorants, qui sont formés pour l'occasion. Formation à la réalisation, au montage, à l'animation, etc. Les participants doivent vulgariser leur travail de thèse, à travers un court métrage de 5 minutes. Ensuite, on projette les films dans les lycées, dans des événements liés à la Fête de la science, et même à la Cité des sciences.

La plupart des réalisateurs viennent aux projections, pour répondre aux questions du public, et c'est finalement là que se situe le véritable travail de médiation.


> Voir d'autres courts métrages sur la chaîne Les Chercheurs Font Leur Cinéma

 

Vous organisez aussi un concours, Arts et sciences...

 

Aurelien Bour

Aurélien : Oui. Le but est de créer une oeuvre à partir d'une image scientifique déjà existante, ou créée pour l'occasion, autour d'un thème assez large. Cette année par exemple, c'est « en mouvement ». Le but est de pouvoir toucher tous les domaines présents dans notre université : littérature, physique, biologie, mathématiques. Cela donne parfois des images abstraites, et d'autres fois très concrètes.

 

> Voir le site dédié au concours et aux oeuvres

 

Le concours s'appuie sur un contraste entre l'intuitif et le rationnel ?

 

Aurelien Bour

Aurélien : Disons que... oui et non. La science peut paraître austère, et fermée, vue de l'extérieur. L'art peut être une porte d'entrée, pour un public différent. On expose les oeuvres dans les universités, et les gens qui passent devant ces oeuvres se disent « qu'est-ce que c'est ? ».

C'est à partir de là qu'on peut commencer à parler de science.

Qu'est-ce que ça apporte aux doctorants ?

 

Aurelien Bour

Aurélien : La médiation scientifique en général apporte l'occasion aux doctorants de parler de leur sujet à un public beaucoup plus large que d'habitude. C'est bien de raconter son travail aux collègues de labo ou en conférence mais cela reste cloisonné. C'est une manière d'être reconnu pour un travail qui paraît un peu fermé. Cela leur apporte une aisance à l'oral, du recul aussi, car on peut être facilement enfermé dans ses travaux de recherche. Cela nous donne même parfois l'occasion de parler d'autres sujets, du quotidien.


NDR : Aurélien est Vice-Président en charge de la médiation scientifique au sein de Doc'Up

 

Vos actions sont souvent articulées autour de l'ouverture des doctorants à d'autres horizons...

Aurelien Bour

Aurélien : C'est ça. Le travail dans un labo est toujours un peu solitaire, même lorsqu'on travaille en équipe, en général on est deux ou trois au maximum.


 

Clémence Simonet

Clémence : (Sourit) En fait, ça fait surtout du bien d'être au contact de personnes qui ne savent pas de quoi on parle, et donc d'avoir le temps de prendre le temps de leur expliquer. C'est un échange qui est bénéfique, qui nous sort de la thèse, parce que parfois, on a la tête dans le guidon et j'avoue qu'à chaque fois qu'une manip' se passe mal, eh bien, aller faire une médiation ensuite ça permet de relativiser. On est soudain face à des gens qui disent « Waw, mais c'est génial ce que vous faites », ou « C'est beau ! ».

On oublie parfois que que ce qu'on fait peut être beau !

Aurélien : Cela nous rappelle un peu pourquoi on le fait. Tout simplement, il y a un déclic à un moment donné. L'année dernière, à la Fête de la science, on a réalisé l'extraction de l'ADN de banane. Ça paraît bête, mais à la fin on obtient une pelote d'ADN dans un tube, et quand on voit les gens - enfants ou pas - s'émerveiller, ça fait plaisir. Même nous, on était un peu gagas en voyant les pelotes. (rires)

 

Pelote d'ADN
© CNRS

Quand on fait un nuage dans un bocal, c'est quand même la classe.

 

Caroline Peron

 

Caroline : La science est en fait accessible à tout le monde, pas seulement aux élites.


 

Aurelien Bour

Aurélien : Le contexte est important, aussi. Pas plus tard que ce matin, avec mes étudiants, on a fait des férofluides. C'est assez joli, mais les étudiants qui voyaient ça n'étaient pas plus impressionnés que ça. Alors qu'en montrant la même chose n'importe où ailleurs, les gens trouvent ça phénoménal.


 

Justement, parlons de vos actions de médiation auprès du public scolaire...

 

Caroline Peron

Caroline : On a des ateliers déjà prêts - ceux qui ont bien fonctionné dans les classes - et qu'on réadapte au gré des évolutions des programmes scolaires, mais les enseignants peuvent aussi demander un thème qui les intéresse en particulier. Dans ce cas, on prévoit ensemble la séance, mais on colle toujours au programme.

 

Aurelien Bour

Aurélien : La première partie de l'exposé suit le programme, mais on essaie toujours d'aller un peu plus loin, parce que c'est l'occasion et parce qu'il faut bien rigoler. (rires)


 

 

Caroline Peron

Caroline : Et on fait des expériences, parce qu'ils ne peuvent pas le faire dans le cadre classique de la classe, parfois.


 

Aurelien Bour

Aurélien : Sur le système solaire par exemple, on se pose la question de la possibilité d'une vie extraterrestre ; et je ne pense pas que ce soit au programme.


 

NDR : Ce n'est effectivement pas au programme.