L'édito de la ministre

Des promesses de l'aube aux lendemains qui chantent, l'avenir a toujours été synonyme d'espoir. Les crises contemporaines, qu'elles soient climatiques,géopolitiques ou économiques, ont ébranlé cette conviction au point d'avoir fait du « progrès » un mot tabou,  anachronique, presque incongru, aux relents d'arrogance et d'inconscience.

7.09.2019

Empêcher le monde de se déliter, préserver la planète et ses ressources constitue une tâche tellement immense que nous  n'osons aujourd'hui espérer plus, attendre mieux du jour d'après. Je crois qu'il est grand temps de réenchanter le futur et de reprendre confiance dans notre capacité à changer le monde.

Cette réserve d'espoir et d'imagination, je suis convaincue que la science peut nous l'offrir. En produisant des connaissances nouvelles, elle forge les outils robustes dont nous avons besoin pour construire un avenir durable et désirable, et si elle a ce pouvoir de projection, c'est parce qu'elle a une histoire, c'est parce qu'elle prend appui sur des siècles d'expérimentation, d'examen rationnel, de doute critique.

C'est pourquoi j'ai souhaité mettre le temps à l'honneur cette année, parce qu'il est l'allié de la science et de ses longues maturations, parce qu'il la défie quand il la confronte aux urgences du présent, parce qu'il est son horizon, son espoir de changement. Cette 28e édition de la Fête de la science se propose ainsi de raconter la science pour mieux imaginer l'avenir. Raconter la science, c'est à la fois revenir sur les grandes découvertes qui l'ont fait avancer, retracer la généalogie de l'état des connaissances actuel, mais c'est aussi rentrer dans l'intimité de la démarche scientifique.

À la fois monument et en mouvement permanent, faite de connaissances qui résistent et d'autres qui évoluent, la science est le  produit de la patience, de la détermination, de l'imagination et de la coopération d'hommes et de femmes passionnés : elle leur permet d'apprivoiser le temps, de ne pas subir les changements qu'il entraîne mais d'en être les instigateurs et de laisser aux suivants des repères pour aller encore plus loin. C'est pourquoi cette Fête de la science nous invite à nous rassembler, tous, petits et grands, néophytes, amateurs éclairés et savants, sous une même bannière pleine d'espoir : « À demain ». À demain, c'est refuser de se laisser piéger dans le présent par les défis qui se profilent à l'horizon, c'est regarder l'avenir avec confiance, enthousiasme et envie. À demain, c'est aussi, pour celui ou celle qui se lance aujourd'hui dans des travaux de recherche, donner rendez-vous aux générations futures qui y trouveront matière à penser, à comprendre, à réinventer leur environnement.

Ce rendez-vous entre la recherche et la société, c'est aussi celui auquel nous convie la Fête de la science. Car ce qui fait son succès grandissant au fil des ans, c'est le plaisir de la rencontre : entre la science et le grand public, qui a l'opportunité de la questionner, de la pratiquer, de l'éprouver, en poussant la porte d'un laboratoire ou d'un village de science ; entre citoyens et chercheurs, qui donnent un visage humain à cette activité intimidante et mystérieuse pour certains, tout en incarnant une forme de dépassement de soi, de quête surhumaine qui émerveille au moins autant que les connaissances qu'elle met au jour.
Si la magie de la rencontre opère, c'est parce qu'elle est irriguée par l'envie de partager. C'est elle qui guide les médiateurs, les chercheurs, les enseignants-chercheurs, les enseignants, les membres d'associations, qui font vivre cette Fête de la science sur le terrain, en animant des ateliers, des conférences, des débats, avec toujours plus d'imagination, de générosité et d'exigence, comme en témoignent les projets labellisés cette année. Ce sont eux, aussi, qui vous disent « À demain », et j'espère que vous serez nombreux au rendez-vous cet automne !

Frédérique VIDAL
Ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation

1ère publication : 7.09.2019 - Mise à jour : 24.09.2019