Jamy Gourmaud : parrain de la fête de la science 2022

Avec ses petites lunettes rondes, Jamy Gourmaud s’est fait connaître du grand public grâce à l'iconique émission "C’est pas sorcier". Passeur de savoirs et d’histoires, passionné à la curiosité insatiable et à l’enthousiasme communicatif, il a accepté d'être le parrain de cette 31e édition de la Fête de la science.

Qui est Jamy Gourmaud ?

On ne le présente plus ! Avec ses petites lunettes rondes, Jamy Gourmaud est un animateur incontournable de la télévision française. Plus connu sous le pseudonyme de Jamy, il voit le jour le 17 janvier 1964 à Fontenay-le-Comte en Vendée.

Passionné par le monde du journalisme, il décroche son diplôme en 1988 à l’Institut pratique de journalisme de Paris. Deux ans plus tard, il remporte le Prix du Jeune Reporter au Festival d’Angers pour un reportage sur les maternités roumaines. En 1992, il intègre la chaîne France 3 avec l’émission Fractales.

C’est surtout grâce à l’émission C’est pas sorcier qu’il se fait connaître du grand public. Avec son acolyte Frédéric Courant, alias « Fred », il anime toutes les semaines ce magazine de vulgarisation scientifique de 1993 à 2014. Jamy tient le rôle de professeur et installe son laboratoire dans le camion ambulant de l’émission, expliquant des phénomènes tandis que Fred explore la réalité du terrain.

Depuis, il anime Le monde de Jamy (France 3), C Jamy (France 5) et sa chaîne YouTube Épicurieux lancée lors du premier confinement. 

Jamy : un parrain engagé

Pourquoi avez-vous accepté d’être parrain de la Fête de la science ?

C’est à la fois un honneur, un plaisir, une chance mais aussi un devoir de parrainer l’édition 2022 de la Fête de la science. Je n’ai pas de formation scientifique, je suis journaliste, « passeur » comme je préfère le dire. Être sollicité pour parrainer cet événement, qui constitue une vitrine pour tous les chercheurs, les enseignants, les ingénieurs, toutes celles et ceux dont le quotidien est intimement lié à la science, m’honore. Entendons nous bien : je ne me hisse surtout pas à leur niveau, je ne suis – je le répète – qu’un passeur. Mais, en étant parrain de cette fête, j’ai le sentiment de faire un peu plus partie de leur famille. Par ailleurs, étant donné mon pedigree, c’est évidemment la transmission des connaissances qui est convoquée pour soutenir cette Fête de la science. C’est aussi un plaisir. J’aime la science, toutes disciplines confondues. N’étant expert d’aucune d’entre elles, j’ai cependant pu mesurer au fil de ces quelques années de transmission (29 ans !) le bonheur d’acquérir des connaissances scientifiques. Quand on est profane, l’acquisition de savoirs est réjouissante, elle procure une forme d’épanouissement unique. Elle permet de lever le voile sur l’inconnu, d’entrer dans les coulisses du monde dans lequel nous vivons, de faire corps avec les phénomènes, de ne pas uniquement les subir mais de les comprendre. La Fête de la science est une occasion rêvée de sensibiliser le public à cette forme d’épanouissement. C’est enfin un devoir et une chance. Un devoir parce que tous les grands défis auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui et, en particulier, ceux qui sont liés au dérèglement climatique et au réchauffement de la planète, nécessitent un minimum de connaissances scientifiques tous domaines confondus pour comprendre les enjeux, trouver des solutions et y adhérer collectivement ; ce bagage est accessible à toutes et à tous. Son contenu est le fruit de travaux de générations de scientifiques depuis plusieurs siècles. Il se poursuit encore aujourd’hui, chaque discipline d’origine ayant foisonné en une multitude de branches qui, vues de l’extérieur, donnent l’impression d’un buisson impénétrable. Et pourtant, l’essentiel est à la portée de toutes et de tous ; les passeurs se sont assigné ce rôle : faire le lien entre ceux que l’on appelle communément « les sachants » et le public qui est en demande de savoirs. C’est donc pour moi un devoir et une chance d’accompagner un événement qui met en avant l’étendue des connaissances scientifiques et qui souligne leur nécessaire transmission auprès du public le plus large à travers tous les canaux.

Quel est votre rapport à la science ?

Je ne suis pas tombé dedans quand j’étais petit ! Je n’ai pas de formation scientifique. Mais j’aime la science, toutes disciplines confondues. La science constitue un immense terrain de jeu sur lequel s’épanouissent les chercheurs, les enseignants, les ingénieurs, etc. J’aime observer et commenter leurs travaux, leurs interrogations, leurs hypothèses, leurs démarches même lorsque l’objet est complexe. La science leur fournit à la fois le cadre et les outils pour mener à bien leurs travaux. C’est la science du laboratoire, des expérimentations, des études… mais c’est aussi celle qui découvre, comprend, invente, innove dans des domaines de plus en plus pointus... Je ne fais pas de science, je l’explique, je la raconte. Ces travaux ont généré des masses de connaissances qui nous permettent de comprendre le monde dans lequel nous vivons, dans toutes ses dimensions. D’où il vient, où il va, qui nous sommes jusqu’au plus profond de nos cellules. Elle prend la forme de principes, de théories, de concepts parfois associés à de grandes figures, des femmes et des hommes dont les travaux ont eu une portée qui dépasse le simple cadre de la science. Elle croise l’histoire, la géographie, la politique, l’art, l’économie, les enjeux de société, etc. Ces savoirs ne sont pas réservés aux seuls scientifiques, ils constituent une pièce maîtresse de notre culture générale, hélas, me semble-t-il, un peu négligée.

Comment percevez-vous la thématique « changement climatique » ?

Elle est au cœur de nos vies. Après l’été que nous venons de passer, les périodes de canicules à répétition, la sécheresse qui a touché quasiment tous les départements de l’Hexagone, les milliers d’hectares partis en fumée y compris en Espagne, au Portugal, en Californie, les glaciers qui cèdent… le phénomène est désormais plus que palpable. Il mobilise aujourd’hui beaucoup de scientifiques, pas seulement des climatologues. Rappelons que la loi climat et résilience en France prévoit la réduction de 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et que le Plan climat de l’Europe a pour objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. D’ici là, l’Union s’est fixée pour objectif de réduire d’au moins 55 % ces émissions par rapport à 1990, dès 2030. Sans les sciences fondamentales et appliquées, ces objectifs ne seront jamais atteints. Mais pour que les choix s’opèrent en pleine adhésion avec le public, il faut aussi que les concepts mis en œuvre soient assimilés. La science ne décide pas. Elle propose et argumente. Cette phase passe obligatoirement par l’appropriation de nos sociétés, au sens large du terme, de notions scientifiques. Il faut plus que jamais faire de la pédagogie autour de ces thématiques. Ne pas en avoir peur. Il faut refuser l’idée qui consiste à penser que ces notions sont trop complexes. Il faut parler du lien qui unit notre espèce à l’énergie, parler de ressources, expliquer les modèles, ceux qui existent aujourd’hui et comment ils doivent bifurquer. Donner les clés pour comprendre, faire de la pédagogie, et plus que jamais exploiter tous les canaux de diffusion, pour passer de la punition à l’adhésion. La Fête de la science doit servir cet objectif.

Que souhaitez-vous transmettre au travers de cette Fête ?

Mon amour pour les sciences. Je le répète, je ne suis pas scientifique, je ne peux donc pas m’exprimer en tant que tel mais, depuis des années, je profite chaque instant avec gourmandise de leurs travaux et de ceux de leurs prédécesseurs. Ils nous font découvrir des mécanismes insoupçonnés, des équilibres cachés, de la fluidité dans ce qui semble statique. J’aimerais que la science séduise encore plus qu’elle ne le fait aujourd’hui, que la fête qui lui est consacrée ne soit pas seulement destinée à sensibiliser pour recruter de futurs scientifiques. C’est fondamental, mais cette fête doit aussi montrer que la science est une source intarissable d’épanouissement. La science n’a pas que des amis. Depuis quelques années, les coups de boutoir sont de plus en plus sourds. Même les principes fondamentaux sont aujourd’hui remis en question. Ces pseudothéories confondent croyance et savoir, elles prospèrent sur le lit de l’ignorance, faisant fi de connaissances établies de longue date, éprouvées par la méthode scientifique. A mesure que les savoirs se développent, paradoxalement, le fossé se creuse avec une partie de nos sociétés. Peut-être parce qu’en s’éloignant trop d’elles, en apparence, elle est devenue inaccessible. La partie n’est jamais gagnée. Il faut continuer à faire de la pédagogie, à ne pas considérer les sciences comme une accumulation de connaissances simplement destinées à franchir l’obstacle des examens puis à être oubliées. Je vois la culture scientifique comme un pilier d’où partent plusieurs arcs qui rejoignent d’autres colonnes. A l’image des piliers qui portent la voûte d’une cathédrale et canalise les forces, la culture scientifique est indispensable à la tenue de nos sociétés.